Muffins au pollen

Muffins au pollen de fleur accompagnés de radis roses frais*

Effeuille dans un bol des pétales de soucis, la fleur qui suit le soleil.
Tamise 100 gr. de blanche farine mêle-la à 5gr. de poudre à lever.
N’oublie pas qu’il peut encore neiger…

Ajoute 125 gr. de ricotta et saisis-toi de deux œufs de poules qui ont gambadé gaiement à la percée des pissenlits.
Prends une épingle à grosse tête avec laquelle tu perceras un trou en haut de l’œuf et en bas, agite-le bien
et, maintenant, souffle pour en faire sortir le contenu. Patientes, le blanc est un peu difficile à faire sortir au début mais ça viendra et tu pourras ensuite garder les coquilles pour les décorer et les suspendre avec un fil.

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Mélange bien avec trois cuillère à café d’huile de ton choix, pour moi c’était un mélange arachide-olive.
Ajoute les pétales de fleur, râpe une bonne carotte avec une râpe à gros trous, mélange encore.
Saupoudre d’une cuillère à café de pollen de fleur.

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Répartis la pâte dans les six emplacements de ton moule à muffins et cuis à 180°c. pendant 20 minutes.
Sers tiède ou froid avec de la salade de jeunes feuilles, des radis et un vin blanc à caractère minéral, un aligoté par exemple.

Que le printemps déploie ses pétales !

(c) Lalie Solune

* Pour une utilisation des fanes de radis voir ici ou ici

Chair et chère

La question animale demeure : Tuer ? Ne pas tuer ? Manger ? Ne pas manger ?

 

À chacun selon sa conscience.

Reste à être clair sur les définitions : un végétarien est quelqu’un qui ne mange pas d’animal mort, quel que soit cet animal et quelle que soit la façon dont il est mort. Ceux qui ne mangent pas de produits issus des corps animaux du tout sont des végétaliens, ceux qui n’utilisent jamais aucun produit issu de l’exploitation des animaux sont des végans.

Pour ce qui me concerne, je ne suis pas végétarienne. Il m’est arrivé d’avoir des périodes plus ou moins longues de végétarianisme tout à fait assumé, ni plus ni moins, et ça m’arrivera sans doute de nouveau. J’aurais horreur d’un monde où règnent en maître absolus les végétariens, comme j’ai horreur d’un monde où règnent en maîtres absolus les viandards. Un juste milieu serait bienvenu, je trouve. Ne pas gaspiller, surtout quand il s’agit de la vie d’un être me paraît fondamental. Garder à l’esprit qu’un bout de viande a forcément été partie d’un être vivant me semble être le moindre des respects. Respecter cette vie de son vivant et au moment où on lui donne la mort par besoin ou nécessité en évitant le plus possible le faire souffrir, respecter cette vie en faisant en sorte qu’elle ne soit pas sacrifiée pour rien ou si peu, cela me paraît fondamental. Une pensée de gratitude pour l’animal qui a donné sa vie pour nous nourrir me semble être la moindre des choses.

L’Almanach se concentre principalement sur les divers végétaux cependant je n’exclue nullement la présence de la chair animale ni dans les indications saisonnières, ni dans les recettes.

À chacun selon sa conscience.

 

« Qui veut carnasser en conscience apaisée, doit avant tout remercier l’animal qu’il s’apprête à goûter ; une oraison pour son âme sera appréciée car vivant son esprit pourra rester et de ses ancêtres rejoindra la grande assemblée. »

Yannick et Laurence Germain Petit précis de cuisine elfique

Terroirs

Le but est ici de répertorier quand se récolte ce que nous donne la terre, ce dont nous nous nourrissons. Reste l’évidence suivante : un terrain familier vaut toujours mieux que de longs discours, et même que de brefs discours. Or, je ne suis pas à la campagne, je ne peux pas prétendre observer de façon suivie la vie des produits de la terre. Je me rapporte donc aux terrains que je peux côtoyer occasionnellement : la Bourgogne et la Bretagne, ce qui donne un ensemble climatique assez cohérent, ainsi que le sud-ouest et la méditerranée. Je tâcherai, chaque fois que c’est possible, d’indiquer le type de climat concerné.

Je n’exclus en aucun cas la cuisine d’autres régions du monde, mais si quelques recettes slaves, scandinaves, irlandaises, maghrébines, balkaniques, antillaises, moyen-orientales, et j’en passe… peuvent éventuellement pointer dans cet almanach, ma priorité quand aux récoltes restera axée sur ces régions.

À ceci s’ajoute cette réalité heureuse : les saisons ne sont pas des mécanismes d’horlogerie et la nature fait ce qu’elle veut (et ce qu’elle peut, aussi…) Un décalage plus ou moins important de une voire trois semaines peut toujours avoir lieu et peut aussi exister pour certains végétaux et pas d’autres au même moment. Mon choix est de donner les périodes d' »apogée » pour la récolte, tant mieux si c’est plus long parfois ou en certains lieux.

 (c) Lalie Solune

Ablutions et préparations

Chacun a ses “petits trucs” rituels avant de commencer une activité lorsqu’elle est plus ou moins régulière voire quotidienne, comme c’est facilement le cas avec la cuisine. Je me contente pour ma part en général de m’attacher les cheveux ou bien de les couvrir (pour ne pas qu’un cheveu tombe dans la nourriture), de me laver les mains avec un savon de Marseille naturel au miel ou aux plantes et de vérifier que mes ustensiles sont propres. Il m’arrive d’aimer aussi allumer une bougie en cire d’abeille ou mettre une musique particulière, me passer de l’eau sur le visage avant de commencer… c’est selon. Je n’en fais pas des lois. Je pense que la spontanéité est fondamentale.

Je sais qu’il y a des personnes qui considèrent qu’on ne doit pas cuisiner si on est de mauvaise humeur, dans un état d’esprit brouillon ou négatif car les mauvaises énergies passeraient dans la nourriture. Je n’ai pas d’avis arrêté sur la question. Ce que j’ai simplement remarqué jusque là c’est que l’activité elle-même peut provoquer une rupture lorsque ça ne va pas et que la mettre en place permet souvent de passer à autre chose. Sans compter que pétrir la pâte, par exemple, est une activité qui fait vraiment tourner les énergies, selon moi au meilleur, un moment magique comme l’a écrit Lune.

La préparation elle-même aide à garder l’esprit tendu vers un but de partage et de bien-être, de garder conscience de l’inter-relation entre nous et notre environnement, de l’union infrangible du corps et de l’esprit. C’est, à mon avis, cela le plus important.

 (c) Lalie Solune

 

Almanach de cuisines sorcières

Pourquoi « sorcières » ?

Connaître les rythmes naturels autant que faire se peut, honorer la terre nourricière en respectant ces rythmes, en collaborant le moins possible à l’exploitation irresponsable et à courte vue. Rendre à la terre, chaque fois que c’est possible, en la remerciant, ce qu’elle nous a donné et que nous n’utilisons pas. Elle saura très bien, elle, qu’en faire. Lui faire confiance.

Remettre chaque graine en terre.

Tisser entre ce que nous partageons avec les autres, ce que nous nous donnons à nous-mêmes, ce que nous nous donnons les uns aux autres, tisser entre les aliments, leurs destinations et leur origine un lien sacré.

Voilà pourquoi.

(c) Lalie Solune

 

Circadismes et spirales

La conception linéaire du temps nous est bien utile. Elle permet de mettre à plat ce qui ne l’est pas, de le décrire plus facilement. Ce qui est vivant n’est, par définition, pas immobile. La vie est faite de mouvements et je suis intimement persuadée que la perception du temps passe par celle du mouvement- du temps tel que nous le connaissons ici, dans cette vie qui est la nôtre, bien entendu.

Un Almanach décrit le déroulement de l’année, à l’instar d’un calendrier. Il faut donc bien prendre un point de départ et un point d’arrivée. Et il sera nécessairement arbitraire. Le temps n’a en réalité ni commencement ni fin. L’année fini et commence sans cesse, en permanence…

Par choix personnel, je commence cet almanach à l’équinoxe de printemps, au temps des germes qui sortent et des bourgeonnements. Que vos saisons soient bénéfiques !

 (c) Lalie Solune

Salut au printemps

Voici l’équinoxe, le printemps est de retour, si suffisamment de poussins ont éclos, on peut manger des oeufs de nouveau…
Certains les sortent de leurs coquilles en les perçant et en soufflant puis les habillent des couleurs du printemps : Pelures d’oignons et de betteraves, pour le jaune et le rouge, Guède et Garance pour le bleu et le rouge…
Les jeunes feuilles vert pâle s’offrent à nous tous, animaux terrestres divers et variés.
Vertes feuilles et lumière grandissante, vent follet et petites pluies gaies marquent le passage à une autre saison.
Il est temps de cueillir les bienveillantes pousses d’ortie, les primevères enchantées, les violettes parfumées, les âpres et lumineux pissenlits, d’aller taquiner le cresson purificateur, d’aller demander poliment les derniers brins de doucette du jardin de la sorcière tandis que
les mystérieuses feuilles de berce commencent à percer.
Les Périgourdins ou pèlerins cheminant par cette belle contrée auront peut-être la chance de fouir quelques truffes, tandis qu’ailleurs les oréades répandent leurs marasmes, les pleurottes s’étalent en « huître » et les mousserons sont de petits bijoux au pré verdoyant.
Orne ta maison des premiers chatons de saule, des premières fleurs de pissenlit et de vifs courants d’air, orne ta table d’une belle cruche d’eau de source bien fraîche, brûle une résine de pin et fourni à tes jeunes pousses attention, amour et douceur…

(c) Lalie Solune

Bienvenue

Circadismes est un almanach voué aux offrandes que nous fait la terre, aux aliments et aux saisons.

Vous trouverez les derniers articles publiés dans la colonne de droite. Le but de cet almanach était d’abord personnel, l’idée étant au départ de me composer un calendrier des différents végétaux afin de respecter les cycles naturels autant que faire se peut dans un monde où il est devenu difficile de savoir ce qui pousse quand, de façon assez naturelle, et où l’on « force » les fruits et les légumes en toute saison; ce qui permet sans doute de nourrir l’imposante population humaine que porte notre planète, mais génère de nombreux déséquilibres, une importante pollution et nombre de maladies.

Retrouver un respect de bon aloi pour la terre nourricière, les humains et tous les autres animaux par une pratique simple au jour le jour était donc la première visée de mes cahiers griffonnés où se côtoyaient recettes et calendrier végétal.

 

Il serait cependant difficile d’oublier ou d’ignorer que la cuisine et les repas sont des « rituels » placés sous le signe du partage. Même lorsqu’on mange seul, on partage quelque chose avec la source de nos aliments et nous-même. Puis la cuisine et la connaissance sont affaire de transmission. Si ma mère, mon oncle, ma grand-mère, mon frère, mes amis et des gens aimables croisés sur les sentiers que j’ai parcourus ne m’avaient donné à voir, sentir, goûter, ne m’avaient appris à transformer les aliments, à expérimenter, ce que je sais faire aujourd’hui serait très certainement peau de chagrin en fin d’histoire…

Je pense donc bon de lancer ces quelques graines au vent, advienne qu’adviendra, on ne croit que l’herbe est mauvaise que lorsqu’on ne sait qui elle est.

 

C’est l’occasion de remercier ceux et celles qui m’ont appris quelque chose et, entre autres,

la jeune fille qui m’a appris à faire la pâte d’amande,

la jeune femme qui a partagé ses biscuits avec moi,

la dame respectable qui m’a soufflé à l’oreille des noms de plantes sauvages,

et la Roussalka qui m’a offert la belle bannière de la version précédente du blog.

Sans oublier la Vieille Dame qui me guide.

 

Laissez votre souris fureter ici à son gré, essayez les mixtures et mélanges qui vous plairont, partagez-les (dans le respect de mon travail, cela va sans dire*…).

Soyez indulgents, les rubriques se rempliront peu à peu, elles seront parfois incomplètes ou corrigées. N’hésitez pas, si vous le souhaitez, à signaler des erreurs, donner votre avis et laisser des commentaires.

NB : Si les recettes, leurs applications et leurs concrétisation sont là pour être partagées, les textes généraux et ceux des recettes, eux, sont déposés et protégés. Merci donc de respecter notre écriture et d’avoir la politesse élémentaire de nous demander notre avis avant de nous citer.

(c) Lalie Solune

 

Pâte à tarte

Dans une terrine ou saladier, un chaudron de cristal ou un bol géant, verse en pluie 250 gr. de farine de blé blanche et fluide. Coupe 125 gr. de beurre salé ou pas, mais en tous cas un peu chambré afin qu’il ne soit pas trop froid, en petits morceaux que tu jetteras dans la farine qui fera « pof! »… Émiette tendrement du bout de tes doigts de fae, c’est à dire les plus fins et les mieux intentionnés, les morceaux de beurre dans la farine. Le beurre rendra la farine peu à peu granuleuse. Observe ses transformations et joue avec elle. Lorsque cet ensemble aura une texture presque sableuse, que les miettes de beurre se seront mêlées à la farine fluide de sorte que l’ensemble soit comme un sable épais des rivages du pays des rêves, creuse un puits au centre, verse une petite pincée de sel marin (si tu as utilisé un beurre sans sel) et 80 dl. d’eau à température ambiante. Saisis-toi de ta plus belle spatule en bois et délaye la pâte en chantonnant, par des mouvements en spirales. Pétris, fais une boule grossière et laisse la poser une demie heure sous un chiffon propre et joli.

Tu n’auras ensuite plus qu’à étaler et à garnir de fruits ou légumes, de sucré ou de salé.

Pour les tourtes, c’est la même chose, il suffit juste d’augmenter un peu les proportions, l’essentiel restant qu’il faut la moitié du poids de la farine en beurre et que l’eau ne doit pas noyer la pâte…

 

(c) Lalie Solune