Cher Blog,
Cette année nous n’avons pas pris le temps de te souhaiter ton anniversaire… Ce n’est pourtant pas faute d’en avoir eu conscience, mais le temps, tu sais, ainsi que l’inspiration, ne se plient pas toujours à notre volonté.
Trois ans déjà, je ne compte pas le temps où tu étais encore en gestation et bien loin de penser que tu deviendrais un blog public et si joyeusement enrichi par plusieurs mères.
Tu as bien grandi, Circadismes, et tu es devenu un très beau blog. Si nous te délaissons parfois, il faut nous en excuser car nous pensons tout de même à toi et je suis certaine que mes sœurcières se joignent à moi pour te souhaiter un joyeux anniversaire et te dire à quel point nous sommes fières de toi.
Puisse cette nouvelle année de ta vie être heureuse et créative !
Chaudronnée de la Sorcière de l’Est
Ravive les flammes de ton foyer. Verse un peu d’huile dans ton chaudron suspendu à sa crémaillère. Lorsqu’elle est assez chaude, jette une grosse cuillerée à soupe de graines de cumin pour les rôtir légèrement. Calme alors le feu. Ajoute un ou deux beaux oignons coupés en rondelles et fais-les revenir tranquillement. Avant qu’ils ne soient dorés, ajoute un potimarron que tu auras préalablement nettoyé, pelé et découpé en gros carrés. Épice-le tout avec un ou deux clous de girofle selon ton goût et râpe une racine de gingembre fraîche sur deux ou trois centimètres, ajoute quelques cuillères à café de curry, celui de Madras est puissant et réchauffera ton cœur en ses froides journées d’hiver ! Farine-le tout, juste assez pour que la sauce se lie. Verse deux tasses (400 ml environ) d’un bon lait de coco. Sale puis laisse mijoter le tout pendant une demi-heure. Vérifie la cuisson. Les carrés de potimarron doivent garder leur forme mais fondre dans la bouche. Tu peux passer à table tout de suite ou laisser de côté pour le lendemain, ta chaudronnée n’en sera que meilleure.
Des recettes pour Imbolc/la Chandeleur
Pour agrémenter les traditionnelles crêpes :
Nectar solaire (à faire quelques jours à l’avance pour laisser macérer)
Sirop de clémentines (de décembre)
Gelée de coing (d’octobre)
Ces préparations peuvent aussi, pourquoi pas, napper des pancakes
Autres friandises :
Des aliments pour la purification :
Bouillon sans poule (à agrémenter de ce que voudras)
Pikliz
Pour cette recette de salade haïtienne, les seuls ingrédients exotiques qu’il te faudra te procurer sont le piment (de préférence un bonda Man Jack, sinon demande conseil à ton épicier créole) et du citron vert…
Râpe du chou blanc cru ou, comme diraient les Haïtiens grage du chou. Grage ensuite des carottes. Lorsque tu auras des deux en quantité suffisante, grage le piment dans un bol séparé, ajoute-lui le jus d’un citron vert et un peu d’huile végétale, du sel et du poivre si tu en veux. Arrose la salade et laisse un peu macérer.
(c) Lalie Solune
Gargantuesque ragoût slave
Pour 15 personnes… Enfin, ça c’est que nous avions dit au boucher, vu qu’on pensait bien être 18…. Nous en avons donc bien eu pour 17 personnes, parmi lesquelles bon nombre s’est resservi. Ça fait plaisir et ça donne une idée sur la différence d’évaluation des quantités entre un boucher professionnel et un humain ordinaire. Si vous invitez des maçons ou des bûcherons, par exemple, qui ont passé une rude journée d’hiver à bosser dehors, faites confiance aux proportions du boucher. Si vous invitez des ogres, doublez les doses… Je pense honnêtement que pour un repas complet (avec entrées, fromage et dessert), les proportions données ci-dessous peuvent raisonnablement être divisées par deux pour une petite dizaine de convives.
J’ai eu le bonheur de bénéficier d’aide, ce qui est précieux, appréciable et franchement gentil, surtout lorsqu’il s’agit de peler et d’émincer 4,3 kilos d’oignons. Car pour le ragoût slave, autrement connu sous le nom de Goulasch (au masculin ou au féminin, comme ça vous chante) comme me l’ont expliqué deux aimables vieilles dames moraves autour d’un thé au Rhum, le grand mystère réside dans l’oignon… non, je m’égare, ce n’est pas un mystère, mais l’astuce c’est de mettre le même poids d’oignons que de viande. Ou de champignons si vous le faites aux bolets ou aux cèpes, version végétarienne.
Ces oignons sont donc mis à fondre doucement à couvert, dans deux marmites recueillant chacune la moitié des ingrédients, avec 14 gousses d’ail pelées, 2 feuilles de laurier, une bonne pincée de racine de livèche, 4 grosses poignées de fleurs de marjolaine, 2 bonnes pincées de grains de cumin et du sel. Et il faut laisser fondre et réduire doucement. Pour cette quantité, l’opération a duré presque une heure. Garde à l’esprit que plus la quantité est grande, plus le temps de cuisson augmente.
Pendant ce temps-là il y avait 4,3 kilos de bœuf à découper en petits morceaux, mélange de gîte et de macreuse.
Lorsque les oignons ont semblé correctement fondus, baignant dans leur propre jus, ils ont été mis de côté dans des saladiers afin que les marmites soient libres pour faire revenir la viande à feu vif et la poivrer au passage, en la touillant. Puis les oignons ont recouvert cette chair sacrificielle, rejoints par les petits morceaux d’un panais (un demi panais par marmite) et le tout est resté à mijoter sous couvercle à feu doux une heure trois quart. Ensuite il était temps d’aller dormir. C’était bien mérité.
Le lendemain matin, chaque marmite a bénéficié de nouveau d’une heure et demie de cuisson. La viande, en restant à se refroidir et recuisant, peut ainsi se relâcher et devenir de plus en plus tendre, tout comme dans n’importe quel mijoté traditionnel des familles, le Bœuf Bourguignon, par exemple.
Avant de remettre à cuire de nouveau pour une bonne heure et demie en début de soirée, j’ai ajouté cette sauce un peu spéciale :
Pour chaque marmite 2 cuillères à soupe de coulis de tomates maison de la petite mère du sud (4 cs en tout) dans lequel ont été mélangés quelques menus morceaux de cornichons aux herbes, et une bonne dose de paprika doux.
Le plat a été servi chaud avec des pommes de terre à l’eau et un joli récipient de paprika fort pour qui en voulait.
(c)Lalie Solune
Sirop de citron.
Pour un parfait équilibre entre le sucré et l’acide, il te faudra un litre d’eau et le jus d’un citron (deux s’ils sont petits ou peu juteux), avec un peu de zeste pour corser le tout.
(Tu peux également faire infuser dans l’eau de la verveine citronnelle et un peu de cardamome au préalable).
Ajoute à cela 400g de sucre en poudre (un peu moins s’il est roux) et fais sagement cuire le tout.
Le sirop doit enrober ta cuillère, tu sauras alors qu’il est prêt.
Filtre le tout une fois qu’il aura refroidi, mais réchauffe-le avant de l’embouteiller.
(c) Sara Strega.
Amandine à la poire
Pour son amoureux gourmand, le lutin du poirier, la fée Amandine a préparé un gâteau doré, moelleux et fondant au cœur. Son idée était d’aviver la flamme, elle a donc tout d’abord allumé le four en prenant soin que la température en soit d’environ 180°C. (th.6/355°F.). Elle sait faire les choses dans un ordre progressif pour réussir, car même si elle est parmi les premiers qui fleurissent de joie aux premiers signes du printemps, la fée de l’amandier sait se montrer patiente et méthodique pour les questions de maturation…
Elle a donc versé dans sa plus belle terrine, et dans l’ordre, 125 gr. d’amande en poudre, puis 100 gr de sucre brun, en poudre aussi, et une cuillère à soupe de farine de blé. Pendant que 30 gr de beurre fondait, la voilà qui versait une cuillère à café d’extrait d’amande amère pour ne pas oublier les contrastes de l’amour, et que l’hiver est là qui fera de nouveau exploser le printemps dans la joie. Elle ajouta deux œufs bien mélangés avant la touche finale : le beurre fondu.
Il ne lui restait plus qu’à beurrer et fariner un moule à cake, à verser une partie de la pâte qu’elle recouvrit des tranches d’une poire mûre à point avant de verser le reste de pâte dessus et à enfourner pour une demie heure. Il ne faisait aucun doute que le lutin du poirier allait être attiré, par l’odeur alléché…
(c) Lalie Solune
Soupe à la choucroute
Si les brumes t’invitent à te blottir en bonne compagnie et à te réchauffer d’une bonne soupe, si elle font voyager ton imaginaire dans les terres du milieu de l’Europe, invite tes sens à les suivre.
Pèle quelques oignons, trois ou quatre suffiront s’ils ne sont pas trop petits, et coupe-les en quartiers pas trop gros. Fais-les revenir doucement sous le couvercle pendant que tu pèleras et couperas en gros morceaux des pommes de terre fermes qui bientôt les rejoindrons. Ajoute quelque baies du doux et fort genévrier ainsi qu’une gousse d’ail.
Lorsque tout cela aura transpiré bien plus que tu ne le feras dans les mois à venir, ajoute si tu le souhaites quelques morceaux d’une charcuterie fumée de ton choix : dés de lard fumé, saucisses à mijoter en morceaux…
De choucroute crue, ce chou émincé, piétiné et macéré, tu pourras ensuite ajouter quelques 300 grammes ou un peu plus et un peu de sel. Pas trop de sel, pense que la charcuterie est déjà salée. Verse de l’eau en suffisance et laisse mijoter tranquillement et longtemps. Une heure ferait l’affaire, un peu plus ne serait pas forcément de trop. Ajoute aussi une petite pincée de grains de carvi ou de cumin.
Tu pourras, au moment de servir, agrémenter cette soupe d’aneth cisaillé, s’il t’en reste, de quelques larmes de miel du puissant chêne qui adouciront l’aigreur du sauerkraut, d’un peu de raifort râpé si ton goût t’y porte et d’un peu de crème fraîche.
(c) Lalie Solune
Soupe des Anciens
Ou la fin des haricots. Un soir d’automne, prépare la soupe des anciens pour te réchauffer le corps et l’âme. Récolte les derniers haricots de ton jardin. Qu’ils soient verts, beurre ou mange-tout. Jette dans ton chaudron une noix de beurre et fais revenir un bel oignon. Puis ajoute deux bonnes tranches de lard fumé. Nettoie tes haricots, deux pommes de terre et coupe le tout en morceaux. Verse tes légumes dans le chaudron, recouvre-les d’une eau de source, n’oublie pas d’ajouter quelques pincées de sel et une bonne dose d’amour. Laisse mijoter ta soupe tranquillement. Quand elle est prête, si tu es gourmand, ajoute une cuillerée de crème et puis savoure !
Liqueur, Gelée & Pâte de Coing
Le Coing, fruit consacré à la Déesse de l’Amour, était en Grèce Antique le symbole de l’amour partagé et de la fécondité. Ce sont des fruits généreux au parfum divin.
Cueille-les entre l’équinoxe d’automne et la fête de tous les Saints, puis range-les à la cave loin de tes pommes, ainsi ils mûriront tranquillement. Si tu souhaites préparer de la gelée, n’attends pas car elle ne prendrait pas.
Sache qu’avec deux livres de coing, tu pourras préparer de la liqueur, de la pâte de fruit et de la gelée.
Avant toute chose, assure-toi que tu as du temps devant toi.
Prends un coing et range-le dans ton placard aux délices. Chaque fois que tu en ouvriras les portes, hume son parfum, il te donnera de l’inspiration.
Dans ton chaudron, verse un bon litre d’eau de la source où les fées vont boire. Pèle tes coings et coupe-les en quartier sans les évider. Jette ces quartiers au fur et à mesure dans ton chaudron d’eau bouillonnante. Leur chair n’en gardera que meilleure allure. Laisse cuire une petite demie heure.
Pendant ce temps, ramasse les pelures de coing et mets-les dans un bocal. Recouvre-les généreusement d’eau-de-vie et referme méticuleusement. Range ce bocal à la cave à l’abri de la lumière et oublie-le trois bons mois. Ensuite, tu devras filtrer l’alcool, jeter les pelures et faire un sirop avec 50 cl d’eau et 300 gr de sucre pour un litre d’eau-de-vie. Ajoute le sirop à l’eau de vie, mélange bien, range à nouveau la bouteille à la cave et oublie-la pendant un à deux mois.

Reviens à tes quartiers de coing, une fois cuits, égoutte-les dans une passoire et récupère l’eau de cuisson. Pèse cette eau. Pèse le même poids en sucre (ou les trois quarts de ce poids si tu préfères). Mets cette eau à nouveau dans un chaudron, ajoute le sucre et une gousse de vanille fendue. Laisse cuire un bon quart d’heure à une demie heure. Assure-toi que la gelée ait correctement pris en laissant tomber quelques gouttes de ta préparation sur une assiette que tu auras placé préalablement au froid. Si les gouttes figent, tu peux alors verser ta gelée dans des pots propres que tu auras fait bouillir quelques minutes dans un plein chaudron d’eau. Dans le cas contraire, si comme moi tu as tardé à préparer tes coings et qu’ils ont perdu une bonne partie de leur pectine, triche sans hésiter ! Ajoute une cuillère à café rase de poudre d’algue (agar agar) par demi litre d’eau de cuisson. N’oublie pas de diluer l’algue dans un peu d’eau et de la filtrer avant de la verser et enfin laisse à ta préparation quelques minutes pour faire quelques bouillons. Verse le tout immédiatement dans des pots propres et ferme rapidement. Ta gelée en sera quelque peu troublée mais n’aies crainte son goût en sera parfaitement préservé.
Tes quartiers de coings auront fini d’égoutter et tu pourras retirer pépins et parties dures. Pèse la chair qui te reste. Puis pèse le même poids en sucre. Écrase la chair en purée dans ton chaudron. Choisis quelques belles petites bûches de ton bois préféré et jette-les dans ton feu pour qu’il soit bien vif. Ajoute le sucre et une gousse de vanille fendue. Avec ta plus belle cuillère en bois et ta patience, celles qui sont magiques, remue sans cesse ce mélange dans le sens de la danse du soleil. Tu as maintenant le temps de te concentrer sur les bénédictions d’amour et de fécondité pour la nouvelle année. Mets-y tout ton cœur et ta magie sans cesser de remuer. Quand enfin, lors d’une brassée, tu vois le fond de ton chaudron ta pâte est prête. Verse-la dans un moule sur deux ou trois centimètres d’épaisseur et laisse-la sécher quelques jours d’un côté puis de l’autre. Coupe-les en morceaux selon ta fantaisie. En carré, en losange, en étoile… Puis saupoudre-les de sucre. Mais si comme moi tu l’aimes bien fraîche et tendre, range-la au frais dans ta plus jolie boîte et mange-la à la petite cuillère.
(c) Lune du Sidh


