Evocations et invocations

Transformer les dons de la terre… certains le font avec tant d’art qu’on est tenté de dire « métamorphoser », c’est là une opération qui requiert le concours bienveillant des puissances naturelles en présence. La plus évidente est la terre, qui nous fournit les aliments avec l’aide de l’eau, du feu solaire et de son elfique messager, l’air. L’opération de métamorphose se fait, elle aussi, avec le concours de l’eau, de l’air et du feu.

Garder à l’esprit les origines de ce que nous manipulons pendant l’œuvre culinaire est la première évocation. Elle permet l’observation de ceux-ci, de leurs évolutions et transformations en fonction du contexte et des mélanges, ce qui permet de maîtriser peu à peu le savoir-faire. Elle permet aussi l’invocation des qualités magiques et physiques des éléments concernés, leur réactivation.

Garder à l’esprit le but de ce que nous faisons, autrement dit l’intention, permet de travailler avec les esprits présents, les faes des végétaux par exemple, en une collaboration joyeuse et efficace. Par exemple, pétrir une pâte en se concentrant sur le partage, la joie, le réconfort… tout effet que nous voulons faire passer à travers ce que nous offrons, tel est le but ultime de la cuisine magique.

Garder à l’esprit ces notions-là alors que nous vivons, pour nombre d’entre nous, des vies où il nous est difficile de se concentrer intensément et sincèrement sur les petites choses et les « petits riens » qui sont la vraie base et l’énergie primordiale de la vie, ceci est déjà un grand défi et apporte beaucoup.

Certains vont anthropomorphiser les esprits, d’autres les nommer, d’autres encore leur parler ou les représenter de façon iconographique… chacun trouvera sa méthode, qui n’est qu’un support, qui n’est qu’un moyen, jamais une fin.

 

(c) Lalie Solune

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