Nettoyer le cuivre

Pour jouer des tours à l’honnête sorcière, de petits démons parfois se glissent dans sa cuisine. Ainsi, après des années de bons et loyaux services, confituriers, chaudrons et bassines de confiseur commencent –j’ose à peine évoquer le sacrilège !– à attacher. Ne crains rien toutefois et surtout ne gratte pas ces vilaines taches démoniaques !
Verse dans ta bassine du vinaigre blanc et un peu de gros sel, pose sur le feu et attends tranquillement. Il ne faudra pas plus de quelques minutes pour que le cuivre soit à nouveau rutilant. Il ne te restera alors qu’à rincer abondamment.
Certes, l’odeur est épouvantable, mais ton chaudron est sauvé et continuera, pour encore de nombreuses années, à t’assister fidèlement.

Quant aux démons, pour les faire revenir à de meilleurs sentiments, n’oublie pas de leur offrir une belle tartine de confiture.

Sara Strega

Sifflets d’abricots

Frotte contre un mur ou contre un caillou les noyaux d’abricots dont tu t’es délecté. Souffle dans le trou percé pour taquiner les merles ou pour siffler la sarabande lors de la nuit du solstice d’été. Et, surtout, profite de l’été et de ses plaisirs !

(c) Lalie Solune

Bol de senteurs hivernales

Choisis un petit récipient creux dont la forme et les couleurs siéront à ton âme et mêle dedans

Quelques écorces de clémentines sèches, une poignée d’aiguilles de sapin, de pin ou d’épicéa, deux ou trois ou cinq clous de girofle. Saupoudre de cannelle en poudre, mélange bellement et dépose une étoile de badiane en son coeur.

C’est simple comme l’hiver et chaleureux comme un foyer de sorcière…

 

(c) Lalie Solune

Balai de la Dame fée

Les branches de bouleau récoltées à l’automne, tandis que tombaient abondamment les feuilles, ont séché tout l’hiver à l’abri. En Europe centrale, le dernier soir d’avril, on brûlait les vieux balais associés à la sorcière Hiver sur de grands bûchers autour desquels dansaient les jeunes gens en lançant le plus haut possible les vieux balais enflammés. On sortait ensuite, pour le mois de mai, les balais neufs. Trie les branches de bouleau les plus accortes, élague du bout des doigts les ramilles et rassemble ton balai à l’ombre des fleurs de l’aubépine. Noue-le d’une ficelle très solide qui aura trempé dans ton huile des fées qui macère depuis la dernière pleine lune…

 

(c) Lalie Solune

Huile des fées

Demain, mets à macérer dans une huile végétale de bonne qualité, pendant une lune, ce que tu auras cueilli le jour même avec la permission des fées des bois : fleurs de coucou, lierre terrestre et fleurs de violette…

 

(c) Lalie Solune

Encens de purification printanière

Voici que l’air frais, de moins en moins mordant, va pouvoir de nouveau entrer dans nos abris.

Voici venu le moment où les sylphes vont commencer à pouvoir jouer à l’intérieur de nos maisons. Voici venu le moment de commencer à leur permettre de chasser les derniers résidus de l’engourdissement hivernal, de jouer avec les plantes séchées suspendues qu’il reste encore de la récolte de l’année écoulée.

Voici qu’arrive bientôt le moment de frotter les miroirs magiques de quelques feuilles d’armoise nouvelle.

Pour purifier les lieux et pousser les Latusés, les larves, les chrysalides de l’hiver à éclore et prendre leur envol par la fenêtre, brûle cet encens en chantonnant pour encourager leur envol, dans un cercle de sept fleurs de pas d’âne si tu le brûles maintenant, de narcisses jaunes si tu le brûles dans un peu avant l’équinoxe, de dent de lion si tu le brûles après…

 

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source de l’image

Résine de pin 1

Gomme arabique 1

Feuilles de romarin 1/2

Feuille de sauge 1/4

1/3 de résine d’élémi en petits copeaux ou, à défaut, un brin de poudre d’écorce de citron

Une petite pincée de menthe poivrée en poudre

 

(c) Lalie Solune

Mélange d’herbes pour Yule

Les ombres se sont avancées, déployées, installées, mais le début de l’hiver réserve aux promeneurs avisés de beaux moments illuminés où les fées du givre jouent de scintillements, où la brume danse à l’air que l’on respire et les sylphes paraissent moins transparentes, où les vertes aiguilles royales couronnent les sentiers et les feuilles luisantes du houx rappellent que n’est pas si loin le moment de la nuit la plus longue qui annonce déjà le retour lent mais assuré des lueurs solaires. C’est l’occasion offerte d’aller demander à un genévrier de se laisser cueillir quelques baies, de récolter avec permission des aiguilles de sapins que tu rapporteras en gratitude près de ton âtre. Les aiguilles et les baies mêlées à un peu de girofle écrasé et un soupçon de cannelle seront déposées dans un bocal et recouvertes d’huile ; le bocal fermé, déposé, de préférence dans la pièce où brûle le feu, près de la fenêtre la plus lumineuse au moins une lune durant, jusqu’au moment où en préparation du solstice, rapportant le houx chez toi, tu pourras oindre les bougies de la fête, disposer quelques feuilles de lierre à leurs pieds dans des coupelles pour souhaiter la bienvenue aux visiteurs de Yule.

 

(c) Lalie Solune

Huile d’énergie solaire

Cette huile est un mélange en synergie d’huile d’olive et d’huiles essentielles. Une fois le mélange accompli, laisse la synergie se faire quelques jours. Tu pourras la conserver dans un flacon (j’ai une préférence pour les flacons teintés). Elle est énergétisante et s’applique légèrement à l’intérieur des poignets en cas de coup de fatigue…

Pour 10 ml d’une huile d’olive d’excellente qualité, ajoute 3 gouttes d’HE de laurier noble, 5 gouttes d’HE de basilicum occinum, 5 gouttes d’HE de romarin officinal.

Tu pourras la conserver longtemps, ce qui est appréciable, grâce à l’huile d’olive qui ne rancit pas. Elle pourra donc être secourable l’hiver durant.

 

Il est également possible de faire, à la saison claire, une version culinaire de la même huile en laissant macérer quelques temps les herbes fraîches dans l’huile, avec ou sans piment…

 

(c) Lalie Solune

 

Encens du Phénix

Plutarque et Hérodote parlent de cet oiseau fabuleux comme étant originaire d’Ethiopie. En Egypte, on le nomme paraît-il « Bénou » car il vivrait sur la Benben, le tertre qui émergea de l’océan primordial et où le soleil parut pour la première fois… Il suit un cycle de 500 ans, mourant et renaissant chaque fois.

Les zoologues virent dans le magnifique faisan doré de Chine, considéré là-bas comme sacré, une incarnation du Phénix.

La légende dit que lorsque le Phénix fait son nid pour s’y installer et brûler avant de renaître trois jours plus tard, il le fait avec des brindilles parfumées qui dégagent le parfum de trois plantes : une résine, une écorce et une racine…

Voici ma recette d’encens du Phénix, que je vous livre pour fêter le solstice d’été. A préparer quelques temps avant de commencer à l’utiliser afin que les senteurs se mêlent et s’entrelacent comme les brindilles dont les oiseaux font leur nid…

Mêle dans ton beau flacon

Des grains de Myrrhe, gomme résineuse du balsamier qui donna, dit-on, naissance à Adonis. Résine des embaumeurs, résine qui aide à s’ancrer, qui vivifie en profondeur, qui prépare le terrain.

De l’écorce du Cannelier réduite en poudre. Ecorce rassurante, chaleureuse, feu d’épice qui chasse les impuretés invisibles et ouvre à la cordialité.

Du Nard Jatamansi, une petite goutte d’huile essentielle à défaut de racines très difficiles à trouver. Le Nard de l’Himalaya ouvre les sens et la conscience dans la paix, pour aller de plus en plus profondément.

Puis, pour lier tout cela et finir de chasser les scories du passé, finir de s’ancrer dans le présent renouvelé avec une perception et une intuition nouvelles, un peu de cette résine qu’on appelle Opoponax.

Laisse la synergie s’opérer quelques jours dans le flacon clos sans mettre à l’abri de la lumière. Cet encens à l’odeur forte, très particulière, se révèle néanmoins très efficace pour affermir et s’ancrer dans les nouveaux départs, les débuts de cycles qui vont demander de l’endurance.

 

(c) Lalie Solune