Laurier Noble

Dit aussi « Laurier-sauce » ou « laurier d’Apollon », c’est l’un des arbres aromatiques.

 

Ne le confonds surtout pas avec d’autres types de lauriers qui sont, eux, très toxiques, et sont des arbustes.

Le laurier rose, aux feuilles allongée et étroites, aux fleurs rose vif (plus rarement blanches) est mortel. On raconte que tout un régiment de l’armée napoléonienne est mort d’avoir eu dans sa gamelle un brouet préparé avec une feuille de cet arbuste. C’est parfois ce laurier rose qu’on appelle Daphné en souvenir de la nymphe. Ses fruits sont dix fois plus longs que larges, cylindriques et contiennent de nombreuses graines munies d’une aigrette.

 

Le laurier palme, qu’on peut voir très souvent en haie de jardin, a des fleurs blanches en grappe et ses feuilles froissée dégagent une odeur d’amande amère. Ses fruits sont assez gros, ovales, noirs et charnus, ils mûrissent en septembre-octobre. Nommé aussi Laurier-cerise, il peut causer des troubles nerveux et respiratoires. Les deux arbustes fleurissent l’été, à partir de juin.**

 

Difficile de ne pas évoquer, lorsqu’on parle du laurier noble, la fameuse (c’est le cas de le dire) couronne de laurier des hommes victorieux. C’est un arbre solaire originaire de la Méditerranée. Son feuillage persistant en fait aussi un symbole d’immortalité : chez les Chinois, le lièvre qui vit sur la lune broie les plantes d’immortalité au pied d’un laurier. Ses baies rondes et assez petites, aux grandes vertus pour la peau, servent à la fabrication du très bénéfique savon d’Alep (en Syrie). Ses feuilles séchées, utilisées pour parfumer la cuisine, mais aussi en liqueur, sont purifiantes : dans les placards à linge, elles chassent les mites, elle purifient les chevelures et la peau, mais peuvent aussi être brûlées pour purifier les lieux. Les Sybilles les mâchaient fraîches pour atteindre la transe divinatoire. Une cueillette en plein soleil à l’apogée du jour peut effectivement avoir des effets assez enivrants ! Ce sont ces légers effets toxiques qui font recommander de n’utiliser pour s’alimenter que des feuilles sèches.

Il faut aussi prendre garde à lui donner suffisamment de place, ses puissantes racines seraient capables de retourner tout ce qui se trouve à proximité, car comme pour toute victoire et toute possibilité de reconnaissance ou de célébrité, le revers de la médaille peut être aussi fort que l’est l’obvers… En cela il est d’un caractère assez proche de la symbolique portée par la rune Sowilo.

Arbre de l’ambivalence, à la fois viril (les athlètes et empereurs) et féminin (les Sybilles), solaire et au feuillage toujours vert, arbre qui fleurit en avril, il amplifie les petites choses. Ses fleurs sont d’ailleurs petites et d’une couleur de beurre crèmeux assez discrète. Il sera d’une aide précieuse pour lutter contre les fermentations et les stagnations à l’intérieur du corps et de l’esprit, contre la timidité et le manque de confiance en soi. En faire son allié suppose cependant circonspection et sens de la mesure.

 

** pour les descriptions des espèces toxiques référence : Guide des plantes sauvages comestibles et toxiques de François Couplan et Eva Styner, éd. Delachaux et Niestlé

 

(c) Lalie Solune

L’Aneth

L’Aneth (Anethum graveolens), famille des apiacées (ombellifères), originaire d’Orient (Asie Mineure) et du le bassin méditerranéen…

Plante annuelle qui pousse au bord des chemins et dans les terrains vagues et se prête très facilement à la culture potagère.

Ses feuilles d’un vert très légèrement bleuté, pétiolées, sont sessiles pour les supérieures et divisées en segments pour les inférieures.

On sème au printemps, en avril-mai, pour récolter de juin jusqu’à la fin de l’été.

Selon l’exposition, elle fleurit et monte en graines (si on laisse faire) plus ou moins vite. Ses belles fleurs, en nombreuses ombelles jaunes, donnent des graines brun foncé, striées, qui mûrissent généralement vers le mois d’août.

 

Pour récolter ces akènes (les graines) : on récolte les ombelles grainées à la rosée, au fur et à mesure de leur maturation, on les fait sécher et on fait ensuite tomber les graines.

 

Propriétés curatives :

Soulage en infusion les douleurs gastriques. Pline et Dioscoride le disaient galactogène (qui aide à la production de lait maternel).

Utilisée aussi contre le hoquet, contre les coliques infantiles et contre le rhume.

On tire une huile essentielle des graines qui est utilisée pour ses vertus calmantes.

 

Propriétés de l’aneth : apaisante, digestive, apéritive, aromatique, calmante, carminative.

L’aneth est riche en magnésium, calcium, fer, vitamine C, potassium, sodium, soufre.

Ses feuilles facilitent la digestion et, en infusion soulagent l’aérophagie, calment la faim et parfument l’haleine quand on les mâche.

Dans un régime sans sel, il peut pallier à son absence.

Macérée dans du vin, il est censé avoir des vertus aphrodisiaques. Quoi qu’il en soit, il entretient une bonne vitalité.

 

Aspects culinaires:

Très utilisé dans les cuisines slaves, scandinaves et arménienne

D’une saveur fine, l’aneth possède un parfum délicat, un peu anisé [il m’est déjà arrivé qu’on me propose de me donner du fenouil au lieu de me vendre de l’aneth, je me suis insurgée, on aura beau dire, le goût n’a vraiment pas grand-chose à voir !]

 

Les feuilles s’utilisent sèches ou fraîches, servent à aromatiser poissons grillés ou fumés, viandes,marinades, court-bouillon, sauces. Elles s’associent bien aux fromage blanc et frais, aux oeufs. Les graines d’aneth sont utilisées entières ou pilées. Elles servent de condiment, entrent dans les préparations macérant dans le vinaigre (cornichons, pickles). Pour les cornichons malossol, ou les courgettes marinées à la polonaise, on met directement les ombelles dans la marinade. Délicieuse avec les pommes de terre, les sauces au yaourt, les fèves, la betterave rouge, le concombre…

On peut se servir des fleurs pour décorer les plats.

L’aneth ne doit surtout pas être bouilli, qu’il soit frais ou séché. À chaud, l’ajouter au dernier moment, en fin de cuisson ou au moment de servir.

À froid (salades) l’introduire en début de préparation, car il a besoin de temps pour libérer tout son arôme.

 

Conservation:

La plante fraîche se conserve au réfrigérateur (dans un sac plastique, paraît-il, à vous de voir, pour ma part, je préfère l’essuie-tout ou le tissu ).

Pour le sécher, suspendre l’aneth, la tête en bas, dans un endroit chaud mais non humide. Pour le protéger de la lumière, l’envelopper dans du papier kraft, le suspendre sur un fil. Détacher les feuilles et les graines et placer dans des bocaux et des flacons en verre coloré pour protéger de la lumière.

Conserve les graines dans une boîte hermétique à l’abri de la lumière. Idem pour les feuilles.

Pour le congeler : hache des feuilles fraîches et placez-les dans un sachet ou dans une petite boîte.

On peut aussi le conserver par macération, dans un vinaigre par exemple.

 

(c) Lalie Solune

L’estragon

Artemisia Dracunculus

Le « petit dragon d’Artémis », ainsi qu’il m’arrive de le nommer affectueusement…

L’herbe Serpentine, dite aussi Herbe aux Dragons aurait été introduite en Europe par les Mongols et, de façon avérée, cultivée depuis le XVe siècle.

Propriétés médicinales et nutritionnelles :

Apéritive et digestive, elle calme le hoquet tout comme l’aneth, elle purifie les intestins. Tonique, elle est utile pour lutter contre les contractions musculaires. Lorsqu’elle est fraîche, elle est très riche en vitamines C.

Cueillette : de mai (voire mi-avril dans le sud ou selon le temps qu’il fait) à fin septembre.

Conservation : Gardez les brindilles dans un petit verre d’eau. Ne faites pas comme moi au début : pensez à changer l’eau souvent et ne les attachez pas en bouquet ! Prenez garde aussi à ce que les feuilles du bas ne trempent pas dans l’eau. Au séchage (tête en bas, protégée de la poussière), elle perd ses vitamines, mais garde un parfum agréable, encore qu’on puisse préférer le parfum frais.

 

C’est une herbe au goût assez fort que bien des personnes évitent à cause de cela. C’est pourtant son goût fort qui calme l’envie de fumer et qui pallie au sel lorsqu’on veut arrêter d’en consommer sans en avoir perdu le goût.

Difficile à marier, dit-t-on (c’est une artemisia, après tout…^^) elle fait pourtant partie des herbes du bouquet garni dans certaines recettes

Son allure reptilienne inquièterait-elle ?

Elle parfume avec brio nombre de condiments et sauces. On l’associe dans les plats aux poissons blancs, au poulet, aux oeufs et aux pommes de terre. Pour ma part, c’est avec les œufs, les pommes de terre et le fromage de chèvre frais que je l’apprécie le plus.

 

En boisson digestive, elle déploiera ses vertus :

60 gr. d’estragon dans un litre d’eau de vie à 45°. Laisse macérer une quinzaine, puis filtre et ajoute un sirop. (source : LaPharmacie du bon dieu , Fabrice Bardeau).

Une branchette ou deux dans un vinaigre de vin le parfumera agréablement en adoucissant un peu son aigreur.

(c) Lalie Solune