Charlotte aux fraises fleurie

Un dessert moelleux, tendre et fruité, prisé par les fées, les lutins et certaines sorcières, pour célébrer la fin du printemps ou le début de l’été, tant qu’il y a des fraises…

Il te faudra rassembler en ton panier

Des biscuits à la cuiller
250 grammes de fromage blanc non battu en faisselle
Une bonne livre de fraises
De la liqueur de lilas et de roses de l’an passé
Passe les biscuits dans la liqueur sur les deux côtés afin qu’ils soient bien imprégnés.
Tapisse avec le fond et les côtés d’un moule.
Mélange les fraises rincées et coupées avec le fromage blanc égoutté.
Verse le fromage blanc aux fruits dans le moule aux biscuits.
Referme le dessus avec quelques moitiés de fraises et des boudoirs brièvement trempés dans la liqueur.
Pose une assiette en guise de couvercle dessus avec de belles pierres pour lester et mets au frigo pour 24 à 48 heures.

Au moment de la fête, il ne restera qu’à égoutter précautionneusement, démouler, découper, partager et se régaler.

(c) Lalie Solune

Des recettes pour Imbolc/la Chandeleur

Pour agrémenter les traditionnelles crêpes :

Nectar solaire (à faire quelques jours à l’avance pour laisser macérer)

Sirop de citron

Sirop de clémentines (de décembre)

Gelée de coing (d’octobre)

Ces préparations peuvent aussi, pourquoi pas, napper des pancakes

Autres friandises :

Tarte au citron meringuée

Muffins pour la triple déesse

Far aux pruneaux

Des aliments pour la purification :

Salade d’avant les crocus

Pikliz

Doux consommé d’endives

Bouillon sans poule (à agrémenter de ce que voudras)

Faunesque poêlée de fenouil

Azifa et crêpes levées de sarrasin

Infusion de fin d’hibernation

Pikliz

Pour cette recette de salade haïtienne, les seuls ingrédients exotiques qu’il te faudra te procurer sont le piment (de préférence un bonda Man Jack, sinon demande conseil à ton épicier créole) et du citron vert…

Râpe du chou blanc cru ou, comme diraient les Haïtiens grage du chou. Grage ensuite des carottes. Lorsque tu auras des deux en quantité suffisante, grage le piment dans un bol séparé, ajoute-lui le jus d’un citron vert et un peu d’huile végétale, du sel et du poivre si tu en veux. Arrose la salade et laisse un peu macérer.

(c) Lalie Solune

Gargantuesque ragoût slave

Pour 15 personnes… Enfin, ça c’est que nous avions dit au boucher, vu qu’on pensait bien être 18…. Nous en avons donc bien eu pour 17 personnes, parmi lesquelles bon nombre s’est resservi. Ça fait plaisir et ça donne une idée sur la différence d’évaluation des quantités entre un boucher professionnel et un humain ordinaire. Si vous invitez des maçons ou des bûcherons, par exemple, qui ont passé une rude journée d’hiver à bosser dehors, faites confiance aux proportions du boucher. Si vous invitez des ogres, doublez les doses… Je pense honnêtement que pour un repas complet (avec entrées, fromage et dessert), les proportions données ci-dessous peuvent raisonnablement être divisées par deux pour une petite dizaine de convives.

J’ai eu le bonheur de bénéficier d’aide, ce qui est précieux, appréciable et franchement gentil, surtout lorsqu’il s’agit de peler et d’émincer 4,3 kilos d’oignons. Car pour le ragoût slave, autrement connu sous le nom de Goulasch (au masculin ou au féminin, comme ça vous chante) comme me l’ont expliqué deux aimables vieilles dames moraves autour d’un thé au Rhum, le grand mystère réside dans l’oignon… non, je m’égare, ce n’est pas un mystère, mais l’astuce c’est de mettre le même poids d’oignons que de viande. Ou de champignons si vous le faites aux bolets ou aux cèpes, version végétarienne.

Ces oignons sont donc mis à fondre doucement à couvert, dans deux marmites recueillant chacune la moitié des ingrédients, avec 14 gousses d’ail pelées, 2 feuilles de laurier, une bonne pincée de racine de livèche, 4 grosses poignées de fleurs de marjolaine, 2 bonnes pincées de grains de cumin et du sel. Et il faut laisser fondre et réduire doucement. Pour cette quantité, l’opération a duré presque une heure. Garde à l’esprit que plus la quantité est grande, plus le temps de cuisson augmente.

Pendant ce temps-là il y avait 4,3 kilos de bœuf à découper en petits morceaux, mélange de gîte et de macreuse.

Lorsque les oignons ont semblé correctement fondus, baignant dans leur propre jus, ils ont été mis de côté dans des saladiers afin que les marmites soient libres pour faire revenir la viande à feu vif et la poivrer au passage, en la touillant. Puis les oignons ont recouvert cette chair sacrificielle, rejoints par les petits morceaux d’un panais (un demi panais par marmite) et le tout est resté à mijoter sous couvercle à feu doux une heure trois quart. Ensuite il était temps d’aller dormir. C’était bien mérité.

Le lendemain matin, chaque marmite a bénéficié de nouveau d’une heure et demie de cuisson. La viande, en restant à se refroidir et recuisant, peut ainsi se relâcher et devenir de plus en plus tendre, tout comme dans n’importe quel mijoté traditionnel des familles, le Bœuf Bourguignon, par exemple.

Avant de remettre à cuire de nouveau pour une bonne heure et demie en début de soirée, j’ai ajouté cette sauce un peu spéciale :

Pour chaque marmite 2 cuillères à soupe de coulis de tomates maison de la petite mère du sud (4 cs en tout) dans lequel ont été mélangés quelques menus morceaux de cornichons aux herbes, et une bonne dose de paprika doux.

Le plat a été servi chaud avec des pommes de terre à l’eau et un joli récipient de paprika fort pour qui en voulait.

 

(c)Lalie Solune

 

Amandine à la poire

Pour son amoureux gourmand, le lutin du poirier, la fée Amandine a préparé un gâteau doré, moelleux et fondant au cœur. Son idée était d’aviver la flamme, elle a donc tout d’abord allumé le four en prenant soin que la température en soit d’environ 180°C. (th.6/355°F.). Elle sait faire les choses dans un ordre progressif pour réussir, car même si elle est parmi les premiers qui fleurissent de joie aux premiers signes du printemps, la fée de l’amandier sait se montrer patiente et méthodique pour les questions de maturation…

Elle a donc versé dans sa plus belle terrine, et dans l’ordre, 125 gr. d’amande en poudre, puis 100 gr de sucre brun, en poudre aussi, et une cuillère à soupe de farine de blé. Pendant que 30 gr de beurre fondait, la voilà qui versait une cuillère à café d’extrait d’amande amère pour ne pas oublier les contrastes de l’amour, et que l’hiver est là qui fera de nouveau exploser le printemps dans la joie. Elle ajouta deux œufs bien mélangés avant la touche finale : le beurre fondu.

Il ne lui restait plus qu’à beurrer et fariner un moule à cake, à verser une partie de la pâte qu’elle recouvrit des tranches d’une poire mûre à point avant de verser le reste de pâte dessus et à enfourner pour une demie heure. Il ne faisait aucun doute que le lutin du poirier allait être attiré, par l’odeur alléché…

(c) Lalie Solune

Soupe à la choucroute

Si les brumes t’invitent à te blottir en bonne compagnie et à te réchauffer d’une bonne soupe, si elle font voyager ton imaginaire dans les terres du milieu de l’Europe, invite tes sens à les suivre.

Pèle quelques oignons, trois ou quatre suffiront s’ils ne sont pas trop petits, et coupe-les en quartiers pas trop gros. Fais-les revenir doucement sous le couvercle pendant que tu pèleras et couperas en gros morceaux des pommes de terre fermes qui bientôt les rejoindrons. Ajoute quelque baies du doux et fort genévrier ainsi qu’une gousse d’ail.

Lorsque tout cela aura transpiré bien plus que tu ne le feras dans les mois à venir, ajoute si tu le souhaites quelques morceaux d’une charcuterie fumée de ton choix : dés de lard fumé, saucisses à mijoter en morceaux…

De choucroute crue, ce chou émincé, piétiné et macéré, tu pourras ensuite ajouter quelques 300 grammes ou un peu plus et un peu de sel. Pas trop de sel, pense que la charcuterie est déjà salée. Verse de l’eau en suffisance et laisse mijoter tranquillement et longtemps. Une heure ferait l’affaire, un peu plus ne serait pas forcément de trop. Ajoute aussi une petite pincée de grains de carvi ou de cumin.

Tu pourras, au moment de servir, agrémenter cette soupe d’aneth cisaillé, s’il t’en reste, de quelques larmes de miel du puissant chêne qui adouciront l’aigreur du sauerkraut, d’un peu de raifort râpé si ton goût t’y porte et d’un peu de crème fraîche.

(c) Lalie Solune

le Noisetier

[Corus Avelana] Coudrier, Avelane…

Arbuste de sagesse, il fournit aussi, par ses rameaux souples, de quoi cingler ceux qui l’auront bien cherché…
Arbre amical pour les personnes de bonne volonté, guide fiable lorsqu’on souhaite ajuster son propre comportement à un niveau de valeurs plus élevé. Petit arbre d’amitié et de sobre générosité.
Son ogham est Coll et la mythologie celte l’associe au saumon, sage parmi les animaux et qui sait toujours remonter à la source. Peut-être est-il parfois aussi ambigu que l’écureuil, souvent associé à la récolte de noisettes et qui, cependant, tout joli qu’il soit, sait se montrer un redoutable prédateur pour les œufs des oiseaux. Ce qui est sûr, c’est qu’il chasse un certain nombre de mauvais esprits et de penchants asservissants pour l’individu, tels l’avidité. Si tu sais maintenir le rameau de noisetier sans le contraindre, il te mènera aux sources. Le bois mou du noisetier, frotté à un bois dur tel le chêne, permet de faire partir un feu. Il peut donc aussi, au prix de certains efforts et de certaines collaborations, t’apporter l’étincelle.

Son bois souple et clair, résistant, est parfois utilisé en vannerie. La racine est recherchée pour la marqueterie. Le noisetier fait une très belle haie à traverser, propice aux oiseaux. On peut faire pousser un noisetier un peu à la façon d’un écureuil, en enterrant une noisette, ou en le bouturant, autrement il se reproduit par marcottage. Ses racines abritent parfois des truffes.

Arbuste « hermaphrodite » (en langage botanique : monoïque), ses fleurs, distinguées en mâles et femelles, sont toutes deux sur le même pied : des chatons mâles, de couleur jaune d’or, qui commencent à paraître en septembre, des fleurs  femelles, très petites et rouges, en février. La venue de la noisette est longuement préparée, comme c’est souvent le cas pour les fruits à coque…
Moment de fructification : fin d’été-début d’automne (août -septembre) ou « automne celtique ».

Le noisetier supporte mal les sols trop riches, peut-être est-ce pour cette raison qu’il est aussi le symbole de la frugalité, encore que son fruit, petit mais très nourrissant, déjà consommé au paléolithique, soit certainement pour beaucoup dans cette symbolique. Les noisettes apportent réconfort, endurance et tendresse.
Propriétés nutritives et médicinales :

*La noisette est riche en calcium, phosphore, magnésium, potassium, soufre, chlore, sodium, fer, cuivre, vitamines A et B. Son huile contient 85 à 90 % d’acides gras insaturés. C’est le plus digeste de tous les fruits oléagineux. Il est très recommandé aux végétariens et végétaliens. Il est très bon pour les diabétiques. Enfin, il est vermifuge (1 c.s. d’huile à jeun le matin pendant 15 jours contre le ténia). La feuille est un tonifiant veineux, un vaso-constricteur, son extrait fluide agit contre les varices et œdèmes des jambes.*

L’huile de noisette rancit vite, elle doit être conservée au frais et à l’abri de la lumière.

**Contre les saignements de nez : un verre de vin de noisetier (5 gr. de fleurs mâles pour 1/4 de litre de vin chaud à infuser 10 minutes).

Pour soigner les paupières boursouflées : 20 gr de feuilles infusé 10 heures dans 1 litre d’eau bouillante puis filtré en compresses.

Contre les phlébites : 10 gr. de feuilles séchées pour 1/2 litre d’eau en décoction (5 minutes de bouillon, 5 minutes d’infusion) à boire par demi-verres au cours de la journée.**

En tant que tonifiant du sang (sédatif des hémorroïdes, cicatrisant des ulcères variqueux), la Vieille Mulot*, le préconise ainsi :

« 2 à 3 tasses par jour de feuilles à raison d’une cuillère à soupe pour une tasse d’eau bouillante. Laisser infuser 10 minutes. Il serait bon de prendre la première tasse le matin, à jeun. Votre café, 10 minutes après. »

 

SOURCES

*Dr Valnet « Se soigner par les légumes, les fruits, les céréales », éd.Le livre de poche.

**Daniel Babo « Les secrets thérapeutiques des arbres », éd.Médicis.

* Marie-Antoinette Mulot « Secrets d’une herboriste », éd. du Dauphin.

puis des palabres entre amis et des observations personnelles…

 

(c) Lalie Solune

fin d’été

Lorsqu’août a roussi les champs, les fruits et les baies se sont fait noirs, sombres, figues et prunes violettes pour rafraîchir nos corps réchauffés, les sureaux et les ronces nous offrent leurs bijoux, à nous et aux oiseaux, les noisettes et les noix saluent l’automne qui s’avance drapé d’or tandis que les poires et les pommes mûrissent sur les arbres, les aubépines offrent leurs cenelles déjà par endroits. Et si la pluie le permet, si le soleil le veut bien, les cèpes et les bolets embaument les sous-bois.

Les derniers fruits de l’été, tomates, poivrons, piments, aubergines et courgettes ne demandent qu’à être cueillis, les fleurs de soucis s’épanouissent et les graines de tournesol nous fournissent des réserves pour les temps à venir.

Saluons les Dalhias et préparons nous aux raisins, et aux châtaignes douces, préparons nous à entrer dans l’automne flamboyant aux feuilles tourbillonnantes et aux dignes murmures des arbres…

(c) Lalie Solune

Tartines ibériques

Lors des étés torrides, dans la pénombre de la cuisine, la abuela procédait souvent à ce rituel d’après-midi : elle coupait quelques larges tranches de pain, découpait la moitié d’une gousse d’ail pour en frotter le pain, puis une moitié de tomate pour parfaire l’onction de la tartine, avant de faire couler dessus un filet d’huile d’olive et de déposer une tranche de jambon serrano. Pour les enfants, elle en faisait toujours deux qu’elle plaçait en sandwich, pour qu’ils puissent s’en retourner avec leur goûter construire châteaux et villes, lancer voiturettes le plus fort possible et faire cavaler leurs personnages en hululant. En grandissant, certains ont appris à faire pousser le basilic. Ils ajoutent aujourd’hui quelques feuilles au présent qu’ils se font parfois lors des torrides journées d’été…

(c) Lalie Solune

Bretzels

Il faut d’abord pour le cœur le ferment. Active 15 gr de levure sèche de boulanger avec une petite part de 2 dl d’eau tiède et une petite pincée de sucre. Laisser le temps au ferment, comme il se doit, de mousser et monter.

Pendant ce temps, fais une pâte ferme mais souple avec 300 gr. de farine et le reste de l’eau tiède, puis ajoute la levure.

Laisse lever en recouvrant d’un beau linge, à l’abri des courants d’air, jusqu’à ce que la pâte ait doublé de volume. Mets à chauffer une grande marmite d’eau dans laquelle tu versera 65 gr. de bicarbonate de soude afin que la chaleur cuise la pâte sans la dissoudre.

Forme ensuite des rubans de pâte en roulant des morceaux prélevés. Attrape le ruban à chaque bout et croise-le en un tour de main. Un nœud souple et libre pour le cœur…

Plonge les cœurs par deux dans la grande marmite d’eau bouillante qui frémit.

Lorsqu’ils remontent à la surface, égoutte-les. Dispose-les sur une plaque huilée. Badigeonne du blanc de deux oeufs et saupoudre de gros sel, de cumin, de graines de nigelle de l’été passé, de grains de sésame…

Passe au four de sorte qu’il soient bien dorés.

Enfile les cœurs sur des rubans colorés pour offrir et partager lorsqu’ils sont encore bien frais, pour accrocher au branches de l’aubépine …

 

 

(c) Lalie Solune