Galette de la jeune fille pour le roi de l’hiver

Pour les fêtes d’hiver, les Saturnales ou l’Épiphanie, on prépare traditionnellement un gâteau pour tirer les rois. Il existe bien des sortes de gâteaux pour ce rite très ancien, des sablés dans l’Ouest de la France, des briochés aux fruits confits et à la fleur d’oranger dans le Sud (appelés « Royaumes »), des pâtes feuilletées nature ou garnies de compotes de fruits, de crèmes parfumées… Voici la version à la frangipane, car l’amande qui en est la base, fruit sacré de la jeune fille qui grandit et devient femme, peut faire de ce gâteau un cadeau de la jeune fille-femme pour le roi de l’hiver.

           Catherine Deneuve dans Peau d’Âne de Jacques Demy

Il signore Frangipani a donné son nom à cette préparation à base d’amande. Il est l’inventeur du parfum dit frangipane qui servait surtout à parfumer les cuirs, les gants des dames… Le plus de la galette à la frangipane, à mon sens, c’est qu’elle sent bon mais qu’elle est de surcroît comestible !

La Frangipane

Coupe en petits morceaux 100 gr. de beurre chambré et ajoute 100 gr. de sucre roux en poudre. Malaxe bien le mélange et sans t’arrêter ajoute 125 gr. d’amandes moulues, puis en touillant ajoute un œuf entier et un jaune d’œuf*, une cuillère à café de de gnôle de pomme ou de prunes ou de poire, 2 ou 3 gouttes d’extrait d’amande amère, 1 bonne cuillerée à soupe de crème fraîche, jusqu’à obtenir un mélange homogène et onctueux.

La Galette

Dispose un disque de pâte feuilletée d’environ 30 cm. de diamètre sur une plaque de cuisson beurrée et farinée, pique-le et verse la crème frangipane au centre. Étale-la en laissant la pâte nue sur un bon doigt ou deux tout autour du disque. Ferme les yeux et lance dans la frangipane un haricot magique, une fève du jardin de la sorcière, un anneau enchanté, une fleurette minéralisée, un joli caillou de fae…

Rempli un petit bol d’eau et trempe tes doigts dans le liquide en remerciant les esprits.

Pose le deuxième disque sur l’ensemble et, de tes doigts humides, colle les deux disques de pâte par les bords.

Dessine sur le dessus de la galette, des croisillons, des runes entrelacées, des dessins quadrillés, une rosace ou le motif qui te plaît…

Badigeonne le dessus avec un jaune d’œuf battu pour qu’il soit bien doré à souhait.

Cuis à four chaud (180°c./220°c. soit th.7/8 ) pendant 25 à 30 minutes.

***

Laisse ensuite refroidir avant d’opérer le rituel de découpage en croisant les doigts pour que le couteau ne rencontre pas la fève. Il y a ensuite plusieurs manière d’opérer, la plus courante est que quelqu’un se cache à proximité, généralement sous la table, comme pour les Saturnales des Romains, et dise le nom de chaque convive en réponse à la question du découpeur ou de la découpeuse de parts, qui pose le couteau sur une part et dit « Et celle-là, pour qui ? »

Celui ou celle qui aura la fève dans sa part sera  le roi de la fête ou bien sa reine et désignera son roi ou bien sa reine.

Il est de bon esprit de laisser une part supplémentaire pour le voyageur transi de froid, l’invité surprise ou l’esprit domestique.

 

(c) Lalie Solune

*Avec le blanc d’œuf restant, tu peux faire un peu de pâte d’amande ou bien meringue ou encore nougat…

5 réponses sur “Galette de la jeune fille pour le roi de l’hiver”

  1. Histoire de changer un peu la recette, pour ceux qui n’aiment pas la frangipane (mon aînée fait partie de ceux-là), je l’ai remplacée par une grossière compote de pomme, avec plein de morceaux. J’ai aussi zappé la cannelle que Mari Chéri n’aime pas – sont compliqués chez moi – mais par contre j’ai amélioré la pâte feuilletée : la parsemer de copeaux fins de beurre, la soupoudrer de sucre cassonade, la plier en quatre, l’étaler, recommencer autant de fois qu’on y parvient (la pâte devient un peu collante et friable au bout d’un moment). Trois fois c’est déjà bien.

    Continuer la recette normalement. J’ai prévu une petite cheminée au milieu de la pâte, pour l’évaporation du jus de la compote.

    A déguster froide, ou tiède, ou chaude accompagnée de crème fouettée…

    1. Merci de partager ton expérience, Zoziau. Miam, à la pomme… Oui, comme indiqué en début d’article, on peut fourrer la galette de ce qu’on veut, pourvu qu’on aime 🙂 Et comme pour toute tourte (à dire neuf fois de suite le plus vite possible ^_^) la petite cheminée est bienvenue en cas de fruits humides enfermés massivement dans la pâte, effectivement.
      Pour l’ajout de sucre dans la pâte feuilletée (c’est la seule variante que je vois avec la recette donnée en lien ici, si je ne me trompe), chacun ses goûts… je trouve que bien souvent le sucre est en surdose dans la plupart des gâteaux, des pâtisseries et « mignardises », j’ai donc tendance à éviter d’en rajouter dans les pâtes qui seront fourrées, d’autant que la garniture, elle, peut être sucrée à volonté. D’ailleurs la recette de pâte feuilletée donnée ici en lien est une recette de base, qui peut servir à faire des préparations sucrées comme salées 🙂

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